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11:10min ANCIEN CAPITAINE DE L’EQUIPE NATIONALE : FERDINAND COLY NOTE LES DIFFERENTS ENTRAINEURS DES ’LIONS’

jeudi 4 juin 2009, par Baya

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Au total, Ferdinand Coly a connu sept entraîneurs en sélection du Sénégal. Dans un coin de sa mémoire, il garde pour chacun un souvenir. Avec le recul, il jette un regard, qui se veut juste et mesuré, sur la personnalité, la méthode et les résultats des différents techniciens qu’il a connus au cours de son parcours d’international.

Peter Schnittger restera celui qui l’aura le plus marqué. La raison est double : le coach allemand l’a jeté dans le bain de la ‘Tanière’ alors qu’il était encore inconnu au bataillon. C’était en 2000. La deuxième raison, qui paraît la plus importante pour le ‘Lion’, tient du fait que Peter Schnittger a balisé le terrain et permis à Bruno Metsu de réaliser ses bonnes performances sur le banc du Sénégal.

L’ancien joueur de Parme (Série A italienne) n’oubliera pas le duo Abdoulaye Sarr-Amara Traoré, non plus. Il était leur capitaine. En plus, les deux techniciens, un peu comme Peter Schnittger, avaient jeté les bases d’un renouveau de l’équipe nationale après les échecs à la Can-2004 et à une deuxième participation au Mondial, en 2006. Coly estime qu’Ablaye Sarr et Amara Traoré n’auraient pas dû être ‘cassés’, qu’ils avaient un projet viable pour la ‘Tanière’.

Ferdinand Coly a également parlé de Guy Stephan, qui n’a pas, selon lui, bénéficié de circonstances favorables, de Kasperczak et de Lamine Ndiaye, le dernier titulaire du banc de la sélection.

Peter Schnittger (1999-2000) : ‘Il a posé les fondations’

‘Peter a pu créer une atmosphère. Il a posé les bases. Il a beaucoup de mérite, il faut le reconnaître. C’était difficile à cette époque parce que Peter a commencé sans moyens. Il nous a regroupés et l’on a commencé à voir les fruits. Ensuite, Bruno (Metsu) a bénéficié de son travail. Il a acheté une maison au Sénégal et il a posé les fondations du football sénégalais.’

Guy Stephan (2003-2005) : ‘Il a été encadré, influencé’

‘Avec l’arrivée de Guy Stephan, on a eu de mauvais résultats. Mais, ça fait partie de la loi du sport. Il aurait pu nous porter en triomphe, si on s’était qualifié contre le Togo à Dakar (2-2, éliminatoires Can et Mondial 2010, Ndlr). On avait le match entre les mains, mais on s’est amusé avec. Guy est arrivé à un moment où tout le monde attendait que l’on reste sur la lancée des bonnes performances de 2002. Il a essayé avec ses méthodes, mais ça n’a pas marché. C’était difficile pour lui. Parce que tout le monde n’a pas mis ce qu’il fallait. Il a été encadré, influencé. En tout cas, il a fait un travail qui aurait pu marcher, si on s’était qualifié face au Togo. Malheureusement, les joueurs ont déconné sur le terrain parce qu’on pouvait se qualifier en Coupe du monde (2006). C’est la responsabilité des joueurs. On s’est laissé emporter par le public. C’est un match que je ne pourrai jamais oublier. A la fin de la première mi-temps, j’avais dit aux gars : ‘Il faut qu’on arrête de faire plaisir aux fans. Sinon, on va prendre un but.’ On pouvait gagner le match par deux buts d’écart, mais on s’est retrouvé éliminé pour le Mondial. C’était une déception.’

Ablaye Sarr et Amara Traoré (2005-2006) : ‘On a cassé ce duo…’

‘C’était un peu difficile, après la déception de l’élimination de la course pour le Mondial 2006, de repartir avec le duo Ablaye Sarr-Amara . J’étais pour le duo parce qu’ils connaissaient la ‘Tanière’ et les joueurs. C’était une succession logique dans la continuité, avec le noyau du groupe. Ils connaissaient tout de l’équipe nationale. Mais, comme d’habitude, on s’est montré trop pressé. On a cassé ce duo, qui a porté quand même le Sénégal en demi-finale de la coupe d’Afrique (2006) en Egypte.

‘Avec Amara et Ablaye Sarr, je voyais les signes d’un renouveau parce que tout le monde était mobilisé. Il y avait une bonne atmosphère entre les ’jeunes’ et les ‘vieux’. On arrivait à trouver une bonne entente et c’était une base de reconstruction. Mais, on a reproché à l’équipe de n’avoir pas gagné la coupe d’Afrique en Égypte et décidé de raser encore une fois. Il faut arrêter ! On ne peut pas construire une équipe en rasant sans cesse. Il faut une continuité. J’ai été vraiment déçu. J’étais le capitaine et je voyais tout le boulot qu’ils faisaient et que je complétais en donnant des conseils. Si je vois qu’on casse ça, ça me surprend. Amara est diplômé. Ablaye Sarr a managé pendant longtemps au sein de l’équipe nationale. Les gens ont voulu recruter un étranger parce qu’il serait plus ‘sûr’. Mais, il faut qu’on arrête.’

Kasperczak (2006-2008) et Lamine Ndiaye (2008) : ‘Un entraîneur ne doit pas suivre la pression’

‘On a vu ce qui s’est passé avec Henry Kasperczak. Il faut arrêter de minimiser les coaches locaux. Certains d’entre eux sont compétents. Le cas de Lamine Ndiaye est exceptionnel parce qu’il a pris un bébé qui n’en pouvait plus. N’oublions pas qu’on venait juste de sortir d’une Can catastrophique (élimination au premier tour de Ghana-2008, Ndlr). Il a pris ses responsabilités et convoqué les joueurs qui lui convenaient. C’est sa responsabilité. Donc, les résultats dépendent aussi de sa responsabilité. Un entraîneur doit avoir la responsabilité de faire entrer tel ou tel joueur, mais il ne doit pas suivre la pression pour faire entrer des joueurs qui ne sont pas à la hauteur. Je ne fais allusion à personne.’

Sénégal-Suède : 2-1 (a.p.) : Le match qui l’a porté au 7e ciel

Au chapitre des rencontres qu’il n’oubliera jamais, Ferdinand Coly retient quatre rendez-vous. Son plus beau souvenir restera la victoire (2-1, après prolongations) contre la Suède en huitièmes de finale de la coupe du monde 2002.

Mené 1-0, les ‘Lions’ vont contraindre les Suédois aux prolongations après l’égalisation d’Henri Camara. Ils porteront l’estocade sur un ‘but en or’ signé du même Henri. C’était le pied. ‘Je pense que c’est l’un des meilleurs matches du Sénégal !’, s’exclame Coly. Qui n’oubliera non plus la finale de la Can-2002 contre le Cameroun quelques mois auparavant au Mali. ‘Même si nous l’avons perdu, c’était un match extraordinaire’.

Retour au Mondial 2002. ‘Contre la Turquie en quart de finale, on n’osait même pas y croire tellement. On était fougueux, même quand ils ont marqué, se rappelle l’ancien joueur de Châteauroux, Lens, Birmingham et Parme. On n’y croyait pas. Tout le monde se demandait ce qui s’est passé. C’est après qu’on a su que c’était fini pour nous.’ Le Sénégal, éliminé par la Turquie, sortira de la coupe du monde par la grande porte.

C’était pour s’enfoncer dans les abysses, six ans plus tard, avec l’élimination de la course pour la Can et le Mondial 2010 après la match nul (1-1) contre la Gambie à Dakar, en octobre 2008. Coly n’arrive toujours pas à digérer : ‘C’est un sentiment de déception général parce que c’est tout un travail qui a été fait en 2000 qui est parti en poussière. Le Sénégal était à un tel niveau qu’aujourd’hui, je ne peux pas concevoir une Can sans le Sénégal. Maintenant, ça va être très difficile parce qu’on sera considéré comme des ‘petits’ et là, la qualification devient plus difficile. Il faudra que les joueurs comprennent que ce n’est plus le Sénégal des années dernières. Il faut qu’ils se battent beaucoup pour gagner les matches, changer de mentalité et jouer à 100 % pour gagner les matches.’

Bruno Metsu (2001-2002) : ‘Il assumait ses responsabilités jusqu’au bout’

‘Bruno Metsu ne regardait pas si la presse est contente ou pas. Il assumait ses responsabilités jusqu’au bout. Tout le monde l’attaquait, mais il avait des idées qu’il défendait. Nous, de notre côté, on le soutenait sur le terrain. Nous sommes arrivés à une époque où il n’y avait rien, rien du tout. Je me rappelle, à la veille d’un match au Maroc, on n’avait même pas d’équipements pour les entraînements. Je suis parti avec (El Hadji) Diouf et (Lamine) Diatta, dans un Supermarché pour acheter des équipements pour l’équipe nationale. Ça, vous ne le verrez plus au sein de l’équipe. On a vécu des choses ensemble qui font que Bruno est arrivé au niveau où il a amené le Sénégal. Il y avait la solidarité, un esprit de groupe et un seul objectif. Maintenant, ça me fait rire quand on critique certains joueurs.’

Pape Bakary KAMARA et Maïmouna DIALLO (Stagiaires)

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