jeudi 28 janvier 2010, par Doudou
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Lors de la soirée hommage à feu Ndongo Lô, le 16 janvier au Ravin, vous avez été très applaudie après votre prestation. Quelles ont été vos impressions ?
Cela m’a surprise, car j’étais seulement venue pour jouer avec Abou Thioubalo et je ne devais faire que la première partie de la soirée. Je ne pensais pas que je serai si bien accueillie dans la banlieue où je ne suis pas encore très connue.
Vous avez fait les chœurs pour Abou Thioubalo dans son album « Solution », comment avez-vous apprécié le succès du produit ?
Je suis très satisfaite de ce résultat. Cela a été un honneur d’apporter ma pierre à l’édifice.
Avant lui, aviez-vous déjà eu à travailler avec d’autres artistes ?
Bien sûr. Avant lui, j’ai travaillé avec Youssou Ndour dans « Alsaama Day », mais aussi avec Pape Diouf dans son dernier album (Diaral ngama : Ndlr). J’ai aussi fait les chœurs pour Abdou Rass dans « Koleré », et Kiné Laam avec qui je suis entrée, pour la première, en studio pour les besoins de son album « Thiey Gërr » sorti en 2003.
Qu’est-ce que vous avez senti lorsque Youssou Ndour a fait appel à vous ?
Un très grand plaisir. Quand on m’a appelée pour me dire que Youssou avait besoin de mes services, je n’y croyais pas. Cela a été une immense surprise pour moi, car je n’avais jamais pensé que je partagerais un jour une scène avec lui, à plus forte raison, un studio. Nous avons des liens de parenté du côté de ma mère et je rends grâce à Dieu pour cette chance.
Quelles sont vos relations avec ses frères et sœurs ?
Je m’entends très bien avec eux. Et au-delà même de Youssou Ndour, je suis très proche de Ngoné et d’Ibou Ndour qui me considèrent comme leur propre sœur.
Est-ce que vous avez fait des voyages avec Youssou Ndour à l’étranger ?
Non, mais j’ai déjà fait deux tournées internationales. L’année dernière, je suis partie avec le groupe Garmi Fall Orkestra à Lille et à Paris. Et récemment, j’étais avec Abou Thioubalo pour une soirée qu’il animait le 31 décembre 2009 à Paris. Dans la sous-région aussi, j’ai participé à la quatrième édition du festival « Les blues du fleuve » qu’organise Baaba Maal. J’étais avec lui durant tout le festival et je profite de l’occasion pour le remercier de son soutien.
Comment l’amour de la musique vous est venu ?
Je suis née dans une famille Gawlo et l’amour de la musique m’a été transmis par mon grand-père, Samba Diabaré Samb. Quand j’étais encore à l’école primaire, à Mbacké, je dirigeais les chœurs d’ouverture, lorsque nous faisions du théâtre. Et pendant un moment, j’assurais le générique d’une campagne de sensibilisation pour la scolarisation des filles dans la région de Diourbel. C’est un oncle qui s’appelle Amary Guissé qui m’a encouragée à faire de la musique, après qu’il m’a vue jouer, lors d’une soirée de Fatou Laobé à Daara Jolof. C’était entre 2002 et 2003.
En tant que Gawlo, vous n’avez donc pas eu de problème pour faire de la musique ?
Si ! Au début, mon père s’était un peu opposé à cela, non pas parce qu’il ne voulait pas que je fasse de la musique, mais parce que j’étais en classe de Terminale et il privilégiait mes études.
Vous avez donc dû abandonner vos études pour faire de la musique ?
Non, cela ne m’a pas empêchée de continuer mes études. Je me suis encore inscrite cette année en candidature libre pour reprendre le Bac. Et en plus, je suis, en même temps, une formation au British. Mais après tout, la musique reste ma passion et tout ce qui vient après est un bénéfice pour moi.
Quels sont vos projets dans l’immédiat ?
Je travaille déjà avec Prince Art sur un album. Les prémaquettes sont déjà faites et je pense que l’album va sortir d’ici deux mois.
De quoi vous parlez dans cet album ?
Ce sera un album qui parlera de tout : la jeunesse, l’éducation, etc. Et j’y rends aussi un hommage à mon grand-père Samba Diabaré Samb. Dieu a fait qu’il n’a pas de fils (il a trois filles : Ndlr) et je suis sa seule petite-fille qui fait de la musique. Donc, je trouve normal de faire cela pour lui.
Est-ce que vous êtes déjà mariée ?
Non, je suis encore célibataire. Je n’y pense pas pour l’instant et je préfère attendre un peu.
Et si vous deviez être une « Niareel », qu’en dites-vous ?
Je n’ai pas de préférence, même si je suis quand même très jalouse (rires). L’essentiel est d’avoir un bon mari qui m’aime.
Par OUSMANE DIOP
Source : L’Obs